By Karim 27 décembre 2009 | Under : Autre

« Je mis à ce voyage une quinzaine de jours que je peu compter parmi les plus heureux de ma vie. J’étais jeune, je me portais bien, j’avais assez d’argent, beaucoup d’espérance, je voyageais à pied et voyageais seul. Combien l’abord de Paris démentit l’idée que j’en avais! La découverte extérieure que j’avais vu à Turin, la beauté des rues, la symétrie et l’alignement des maisons, me faisaient chercher à Paris autre chose encore. Je m’étais figuré une ville aussi belle que grande, de l’aspect le plus imposant, où l’on ne voyait que de superbes rues, des palais de marbre et d’or. En entrant par le faubourg Saint-Marceau (l’actuelle porte d’Italie), je ne vis que de petites rue sales et puantes, de vilaines maisons noires, l’air de malpropreté, de la pauvreté, des mendiants, des crieuses de tisane et de vieux chapeaux. Tout cela me frappa d’abord à tel point que tout ce que j’ai vu depuis à Paris de magnificence réelle n’a pu détruire cette première impression, et qu’il m’en est resté toujours un secret dégoût pour l’habitation de cette capitale » (confessions, Partie I, Livre VI)
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